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Il n'y a point de forêt sans arbres tordus.

Updated 5/3/2008
Updated 5/5/2008
May 06

Daphné De l'autre côté

 
Daphné - De l'autre côté
May 04

A VOIR: Le Déclin de l'empire américain

Quatre hommes et quatre femmes, à Montreal, doivent se retrouver pour le week-end dans une maison de campagne. Dans celle-ci, les hommes préparent le repas, pendant qu'à l'université, les femmes se retrouvent dans les installations sportives. Pendant les heures qui précèdent leurs retrouvailles, ils échangent sur leur vie, surtout du point de vue sexuel. D'un côté, la version des hommes, de l'autre la version diamétralement opposé des femmes des mêmes événements.

Les discussions qui continuent au cours du repas et qui s'en suivent jusqu'au petit matin apporteront leur lot de réflexions, découvertes, révélations, ébranlements, qui changeront la vie de certains personnages.

Le Déclin de l'empire américain est un film québécois, réalisé en 1986 par Denys Arcand.

L'auteur a donné une suite à ce film en 2003, Les Invasions barbares, soit 17 ans plus tard et toujours avec les mêmes huit acteurs principaux.

Le film est nominé pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1987. La même année, il a reçu huit prix Génie, dont celui du meilleur film. Prix de la critique internationale (FIPRESCI) au Festival de Cannes en 1986

April 28

A VOIR : LES INVASIONS BARBARES

Montréal 2002. Début cinquantaine et divorcé, Rémy est à l’hôpital. Son ex-femme Louise rappelle d’urgence leur fils Sébastien, qui fait une brillante carrière à Londres. Sébastien hésite — son père et lui n’ont plus rien à se dire depuis longtemps — puis finit par accepter de venir avec sa fiancée française donner un coup de main à sa mère.

Dès son arrivée, Sébastien remue ciel et terre pour obtenir un diagnostic clair sur l’état de santé de son père et pour adoucir les épreuves qui l'attendent. Il usera de son imagination, jouera de ses relations, bousculera le système de toutes les manières possibles et aura recours aux pots-de-vin, entre autres tactiques illégales, pour procurer à son père de meilleures conditions… et un peu de bonheur.

Entre temps, parents, amis et ex-amantes affluent au chevet de Rémy pour lui offrir leur soutien ou régler leurs comptes… et réfléchir à leur propre existence. Au nombre des visiteurs, on retrouve plusieurs membres de la joyeuse bande qui a marqué le passé de Rémy. Que sont-ils devenus ? Divorcée de Rémy depuis une quinzaine d’années, Louise est-elle parvenue à l’oublier et à refaire sa vie ? Pierre, dont le peu d’amour-propre lui interdisait de se reproduire, s’est-il enfin rangé ? Jusqu’où les pulsions charnelles de Diane l’ont-elle menée ? Contre qui se love désormais Dominique, qui n’avait aucun scrupule à réchauffer son lit avec les maris de ses amies? Et Claude, l’homosexuel, est-il toujours soumis à son irrépressible instinct de chasseur ?

Quel que soit le chemin qu’ils ont suivi, ces intellectuels n’ont pas perdu leur goût pour la conversation habile et délicieusement irrévérencieuse. Quant à Rémy, l’heure du bilan a sonné. Au cours de scènes touchantes et de dialogues vifs et pénétrants — notamment avec sa nouvelle amie droguée avec qui il entretient une relation de symbiose et avec une religieuse attachante et pleine d’esprit — Rémy porte un regard candide sur ses excès et ses lacunes.

Les Invasions barbares est un film québécois écrit et réalisé par Denys Arcand sorti sur les écrans en 2003.

April 21

le long voyage de la Fée et du Magicien

Ceci est l’histoire inconnue du long voyage de la Fée et du Magicien. Il est étonnant que cette histoire n’ait pas traversé les âges. Peut-être certains ne l’ont-ils pas jugée digne d’intérêt. Ou peut-être que cette histoire devait encore s’écrire.
L’Enchanteur ne connaissait pas encore très bien la Fée. Il était fasciné par sa beauté intérieure, une beauté tellement grande que sa beauté physique ne lui était pas encore apparue.
L’Enchanteur avait entendu parlé d’un Trésor. Un Trésor dont on disait qu’il était au-dessus de tous les autres. Il en parla à la Fée, longuement : « Lorsque l’on atteint ce Trésor, les étoiles s’arrêtent de briller, les ruisseaux et les rivières remontent vers leurs sources, l’Océan se vide de toutes ses eaux », « Ce Trésor est tellement beau que personne ne veut croire qu’il existe ».
Les Méchants essayaient de convaincre la Fée que ce Trésor ne pouvait exister. Et la Fée hésitait. Ce qu’en disait le Magicien lui semblait tellement beau qu’elle avait envie de partir avec lui, là où personne n’avait jamais été, là où personne ne voyait de route, là où personne n’envisageait de partir.
La Fée elle-même ne voulait pas croire le Magicien. D’abord, elle avait déjà entendu parler de trésors et ces trésors l’avaient brûlée plusieurs fois, ou bien avaient disparu au moment même où ils étaient à portée de main. Ce que lui disait le Magicien était bien trop beau pour être vrai. Et puis le Magicien était… un magicien. Il vivait dans son monde et il semblait à première vue très difficile de pénétrer dans ce monde. Et puis le Magicien… ne voulait pas la convaincre car il considérait que convaincre était retirer de la liberté.
Finalement la Fée décida de partir avec le Magicien, se disant qu’il serait toujours temps de rebrousser chemin le jour où elle aurait la confirmation que le Magicien ne racontait que des choses irréelles. Il racontait par exemple qu’il était possible de parler dans une boîte et d’être entendu à des kilomètres, plus loin que les yeux ne peuvent voir. Et il affirmait que l’on pouvait de même entendre l’autre dans cette boîte. Ce Trésor devait être un mirage de plus. C’est avec beaucoup d’hésitations qu’elle accepta de partir car tout le monde sait que ne pas trouver un Trésor que l’on cherche longtemps est une aventure douloureuse.
C’est ici que les récits deviennent flous et il est difficile de faire la part de la vérité et des exagérations. On dit que la Fée et le Magicien virent un ruisseau de feu, on dit qu’ils entendirent les rochers se lamenter de la vitesse à laquelle poussaient les plantes, eux qui mettaient quelques milliers d’années à grandir de quelques centimètres, on dit qu’ils virent les montagnes danser parce qu’elles ne les avaient pas vus, on dit que tant la Fée que le Magicien furent émerveillés. Et le plus incroyable ne fût pas que chacune de ces découvertes les faisaient découvrir l’autre. Car chacune des merveilles était vue par l’un alors que l’autre ne les voyait pas. Et une fois l’un, une fois l’autre expliquait avec bonheur et avec joie à l’autre ce qu’il avait vu.
La Fée n’avait pas oublié le Trésor. Elle s’inquiétait. Le Magicien lui était absorbé par ce qu’il voyait.
Seul un dialogue a traversé le temps, faisons silence dans nos cœurs et dans nos âmes pour bien écouter :
- La Fée : « Le Magicien, parfois je vois des signes que ce Trésor existe, parfois je vois des signes qu’il n’existe pas. Je commence à douter fortement ».
- Le Magicien : « La Fée, ces rochers dont tu m’as répété les paroles, ces montagnes que je t’ai décrites dans leurs danses folles, les aurions-nous vues si nous n’avions pas cherché le Trésor ? Est-il dès lors important de trouver ce Trésor. L’important, n’est-il pas de le chercher ? N’est-ce pas parce que nous le cherchons que nous découvrons des choses incroyables, que nous nous faisons découvrir des magies insoupçonnables ».
De ce dialogue, nous pouvons déceler à quel point la Fée et le Magicien étaient différents. Le Magicien se contentait du Chemin. Qu’importe le Trésor, du moment que la Route en vaut la peine ? La Fée elle pensait autrement. Elle se disait : « Qu’importe la Route, c’est le Trésor qui doit valoir la peine ».L’histoire aurait pu se terminer là. Seul le Magicien aurait été satisfait. Elle ne se termina pas là.
Un jour, après un temps dont le comptage serait hasardeux, le Trésor apparût. Ni la Fée, ni le Magicien ne s’en rendirent compte au début. Puis la Fée se rendit compte qu’ils avaient atteint le Trésor. Elle le fit remarquer au Magicien et ils furent pris dans un tourbillon, les étoiles clignotèrent, le Soleil trembla, l’Océan éternua.
Certains d’entre nous négligent le Chemin qui les mène vers le Trésor, d’autres négligent le Trésor qui leur fait prendre ce même Chemin. Alors que le Trésor et le Chemin sont indissociables et qu’ils ne sont beaux que l’un par l’autre.
April 12

Les voyages en train

J'crois qu'les histoires d'amour c'est comme les voyages en train,
Et quand j'vois tous ces voyageurs parfois j'aimerais en être un,
Pourquoi tu crois que tant de gens attendent sur le quai de la gare ?
Pourquoi tu crois qu'on flippe autant d'arriver en retard ?

Les trains démarrent souvent au moment où l'on s'y attend le moins,
Et l'histoire d'amour t'emporte sous l'oeil impuissant des témoins,
Les témoins c'est tes potes qui te disent au revoir sur le quai,
Ils regardent le train s'éloigner avec un sourire inquiet,
Toi aussi tu leur fais signe et t'imagines leurs commentaires,
Certains pensent que tu t'plantes et qu't'as pas les pieds sur terre,
Chacun y va d'son pronostic sur la durée du voyage,
Pour la plupart le train va dérailler dès l'premier orage.

Le grand amour change forcément ton comportement,
Dès l'premier jour faut bien choisir ton compartiment,
Siège couloir ou contre la vitre il faut trouver la bonne place,
Tu choisis quoi une love story de première ou d'seconde classe ?

Dans les premiers kilomètres tu n'as d'yeux que pour son visage,
Tu calcules pas derrière la fenêtre le défilé des paysages,
Tu te sens vivant tu te sens léger tu ne vois pas passer l'heure,
T'es tellement bien que t'as presque envie d'embrasser le contrôleur.

Mais la magie ne dure qu'un temps et ton histoire bat de l'aile,
Toi tu te dis que tu n'y es pour rien et que c'est sa faute à elle,
Le ronronnement du train te saoule et chaque virage t'écoeure,
Faut que tu te lèves que tu marches tu vas te dégourdir le coeur.

Et le train ralentit, c'est déjà la fin de ton histoire,
En plus t'es comme un con tes potes sont restés à l'autre gare,
Tu dis au revoir à celle que t'appelleras désormais ton ex,
Dans son agenda sur ton nom elle va passer un coup de tipex.

C'est vrai que les histoires d'amour c'est comme les voyages en train,
Et quand je vois tous ces voyageurs parfois j'aimerais en être un,
Pourquoi tu crois que tant de gens attendent sur le quai de la gare ?
Pourquoi tu crois qu'on flippe autant d'arriver en retard ?

Pour beaucoup la vie se résume à essayer de monter dans le train,
A connaître ce qu'est l'amour et se découvrir plein d'entrain,
Pour beaucoup l'objectif est d'arriver à la bonne heure,
Pour réussir son voyage et avoir accès au bonheur.

Il est facile de prendre un train encore faut-il prendre le bon,
Moi je suis monté dans deux trois rames mais c'était pas le bon wagon,
Car les trains sont capricieux et certains sont inaccessibles,
Et je ne crois pas tout le temps qu'avec la SNCF c'est possible.

Il y a ceux pour qui les trains sont toujours en grève,
Et leurs histoires d'amour n'existent que dans leurs rêves,
Et y a ceux qui foncent dans le premier train sans faire attention,
Mais forcément ils descendront déçus à la prochaine station,
Y a celles qui flippent de s'engager parce qu'elles sont trop émotives,
Pour elles c'est trop risqué de s'accrocher à la locomotive,
Et y a les aventuriers qu'enchaînent voyage sur voyage,
Dès qu'une histoire est terminée ils attaquent une autre page.

Moi après mon seul vrai voyage j'ai souffert pendant des mois,
On s'est quitté d'un commun accord mais elle était plus d'accord que moi,
Depuis je traîne sur le quai je regarde les trains au départ,
Y a des portes qui s'ouvrent mais dans une gare je me sens à part.

Il paraît que les voyages en train finissent mal en général,
Si pour toi c'est le cas accroche-toi et garde le moral,
Car une chose est certaine y aura toujours un terminus,
Maintenant tu es prévenu la prochaine fois tu prendras le bus.
Grand Corps Malade
April 03

Bourvil: la Tendresse.

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On peut vivre sans richesse
Presque sans le sou
Des seigneurs et des princesses
Y'en a plus beaucoup
Mais vivre sans tendresse
On ne le pourrait pas
Non, non, non, non
On ne le pourrait pas

On peut vivre sans la gloire
Qui ne prouve rien
Etre inconnu dans l'histoire
Et s'en trouver bien
Mais vivre sans tendresse
Il n'en est pas question
Non, non, non, non
Il n'en est pas question

Quelle douce faiblesse
Quel joli sentiment
Ce besoin de tendresse
Qui nous vient en naissant
Vraiment, vraiment, vraiment

Le travail est nécessaire
Mais s'il faut rester
Des semaines sans rien faire
Eh bien... on s'y fait
Mais vivre sans tendresse
Le temps vous paraît long
Long, long, long, long
Le temps vous parait long

Dans le feu de la jeunesse
Naissent les plaisirs
Et l'amour fait des prouesses
Pour nous éblouir
Oui mais sans la tendresse
L'amour ne serait rien
Non, non, non, non
L'amour ne serait rien

Quand la vie impitoyable
Vous tombe dessus
On n'est plus qu'un pauvre diable
Broyé et déçu
Alors sans la tendresse
D'un cœur qui nous soutient
Non, non, non, non
On n'irait pas plus loin

Un enfant vous embrasse
Parce qu'on le rend heureux
Tous nos chagrins s'effacent
On a les larmes aux yeux
Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu...
Dans votre immense sagesse
Immense ferveur
Faites donc pleuvoir sans cesse
Au fond de nos cœurs
Des torrents de tendresse
Pour que règne l'amour
Règne l'amour
Jusqu'à la fin des jours

Paroles et Musique: Noël Roux, Hubert Giraud 1963
March 27

à méditer

Un homme s’approcha d’un chantier ou il y avait trois maçons qui travaillaient.

Au premier maçon Il demanda : « Que fais-tu? »

Le maçon lui répondit: « Je pose une pierre »

Il s’arrêta devant le deuxième maçon et lui demanda « Que fais-tu? »

L’homme lui répondit : « Je construis un mur. »

Il s'avança vers le troisième qui siflottait en travaillant  et lui posa la même question : « Que fais-tu? »

et le troisième homme, les yeux lumineux, lui dit : « Je construis une cathédrale »...

March 25

Déclaration des droits de l'homme que je suis à aimer la femme que tu es

Te rencontrer sans te séduire,

Te désirer sans te déposséder,

T’aimer sans t’envahir,

Te dire sans me trahir,

Te garder sans te dévorer,

T’enlacer sans t’étouffer,

T’agrandir sans te perdre,

T’accompagner sans te guider,

 Et te regarder sans retenue.

Être ainsi moi-même au plus secret de toi.

March 24

AMOUR

Amour. Avec ce mot, on explique tout, on pardonne tout, on valide tout parce que l’on ne cherche jamais à savoir ce qu’il contient. C’est le mot de passe qui permet d’ouvrir les cœurs, les sexes, les sacristies et les communautés humaines. Il couvre d’un voile prétendument désintéressé, voire transcendant, la recherche de la dominance et le prétendu instinct de propriété. C’est un mot qui ment à longueur de journée et ce mensonge est accepté, la larme à l’œil, sans discussion, par tous les hommes. Il fournit une tunique honorable à l’assassin, à la mère de famille, au prêtre, aux militaires, aux bourreaux, aux inquisiteurs, aux hommes politiques.

L’amour déculpabilise, car pour que tous les groupes sociaux survivent, c’est-à-dire maintiennent leurs structures hiérarchiques, les règles de la dominance, il faut que les motivations profondes de tous les actes humains soient ignorés.

Le mot d’amour se trouve là pour motiver la soumission, pour transfigurer le principe du plaisir, l’assouvissement de la dominance.

Aimer l’autre, cela devrait vouloir dire que l’on admet qu’il puisse penser, sentir, agir de façon non conforme à nos propres désirs, à notre propre gratification, accepter qu’il vive conformément au nôtre. Mais l’apprentissage culturel au cours des millénaires a tellement lié le sentiment amoureux à celui de possession, d’appropriation, de dépendance par rapport à l’image que nous nous faisons de l’autre, que celui qui se comporterait ainsi par rapport à l’autre serait en effet qualifié d’indifférent.

Ce que l’on appelle « amour » naît du réenforcement de l’action gratifiante autorisée par un autre être situé dans notre espace opérationnel et le mal d’amour résulte du fait que cet être peut refuser d’être notre objet gratifiant ou devenir celui d’un autre, se soustrayant ainsi plus ou moins complètement notre action. Ce refus ou ce partage blesse l’image idéale que l’on se fait de soi, blesse notre narcissisme et initie soit la dépression, soit l’agressivité, soit le dénigrement de l’être aimé.

On naît, on vit et l’on meurt seul au monde, enfermé dans sa structure biologique qui n’a qu’une seule raison d’être : celle de se conserver. Mais, chose étrange, la mémoire et l’apprentissage font pénétrer les autres dans cette structure, et, au niveau de l’organisation du moi, elle n’était plus qu’eux.

La source profonde de l’angoisse existentielle, occultée par la vie quotidienne et les relations interindividuelles dans une société de production, est cette solitude de notre structure biologique enfermant en elle-même l’ensemble, anonyme le plus souvent, des expériences que nous n’avons pas retenues des autres. Angoisse de ne pas comprendre ce que nous sommes et ce qu’ils sont, prisonniers enchaînés au même monde de l’incohérence et de la mort.

extrait de Eloge de la fuite - Henri Laborit

March 21

Confidentiel

Je voulais simplement te dire
Que ton visage et ton sourire
Resteront près de moi sur mon chemin
Te dire que c'était pour de vrai
Tout ce qu'on s'est dit, tout ce qu'on a fait
Que c'était pas pour de faux, que c'était bien.
Faut Surtout jamais regretter
Même si ça fait mal, c'est gagné
Tous ces moments, tous ces mêmes matins
Je vais pas te dire que faut pas pleurer
Y a vraiment pas de quoi s'en priver
Et tout ce qu'on n'a pas loupé, le vaLait bien
Peut-être que l'on se retrouVera
Peut-être que peut-être pas
Mais sache qu'ici bas, je suis là
Ça restera comme une lumIère
Qui me tiendra chaud dans mes hivers
Un petit fEu de toi qui s'éteint pas.

On devrait vivre la vie à l'envers

> On commencerait par mourir, ça éliminerait ce traumatisme qui nous suit toute notre vie.
> Après tu te réveilles dans un asile de vieux, en allant mieux de jour en jour.
> Alors on te met dehors sous prétexte de bonne santé et tu commences par toucher ta retraite.
> Ensuite, ton premier jour de travail on te fait cadeau d'une montre en or.
> Tu travailles 40 ans jusqu'à ce que tu sois suffisamment jeune pour profiter de la fin de ta vie active.
> Tu vas de fêtes en fêtes, tu bois, tu baises, tu n'as pas de problèmes graves.
> Tu te prépares à faire des études universitaires.
> Puis c'est le collège, tu joues avec tes copains, sans aucune obligation jusqu'à devenir bébé.
> Les derniers 9 mois tu les passes flottant tranquille, avec chauffage central, room service etc...
> Et au final, tu quittes ce monde de merde dans un orgasme !!!!!
 
texte from Dorinne
March 15

le conte de l’homme amoureux de la planète Vénus…

Rose rouge pour ma petite fée clochette...

Un homme était amoureux de la planète Vénus (certains s'arrêtent au mont de Vénus !) mais lui était vraiment amoureux, et chaque soir de ciel étoilé,  il s'allongeait devant sa maison pour déclarer son amour à la planète inaccessible, du moins..; le croyait-il !

Un soir où il rêvait ainsi, le coeur plein d'amour et le corps plein d'émois, il entendit une voix très douce chuchoter à son oreille : - Je suis touchée de ta ferveur, et impatiente de te serrer dans mes bras, viens me rejoindre, viens…

Il se leva d'un bond, il avait bien reconnu la voix de l'aimée, même s'il ne l'avait jamais entendue. La planète Vénus enfin avait perçu son amour et répondait à sa flamme.

- Mais comment puis-je faire pour arriver jusqu'à toi, je ne suis qu'un homme ? Elle murmura toute proche : - Regarde le rayon de lune qui scintille jusqu'à tes pieds, approche-toi, monte dessus et quand tu seras sur la Lune, tu trouveras un autre rayon que j'ai déposé pour toi et qui te conduira jusqu'à moi…

L'homme monta sur le rayon et avec facilité s'éleva jusqu'à la Lune. Sur cette planète, il découvrit comme promis le rayon de Vénus et commença à s'élever vers elle.

A mi-chemin, il eut soudain cette pendée : “Mais ce n'est pas vrai, je rêve, ce n'est pas possible qu'un homme puisse ainsi marcher sur le rayon d'une planète…” Et avec le doute qui naquit ainsi en lui, il trébucha, tomba… et s'écrasa des milliers de kilomètres plus bas… sur Mars.

Avant de mourir, il eut le temps d'entendre la voix de son aimée qui murmurait tout contre son orelle. - Il ne suffisait pas de m'aimer, ni de me faire confiance, encore fallait-il que tu puisses croire en tes ressources, que tu oses te faire confiance à toi-même !

Ainsi se termine le conte de l'homme qui ne savait pas que le possible est juste un petit peu après l'impossible.

Jacques Salomé

March 07

HOMMES ET FEMMES : DEUX “ ESPÈCES ” DIFFÉRENTES?

nous appartenons à deux « espèces » différentes !

À cette époque où l’on vient d’achever les premières phases de décryptage du génome humain, vous savez peut-être qu’on a pu montrer que l’homme et le singe possèdent un patrimoine génétique de base, commun à 98,4 % ; ce qui laisse 1,6 % de différence seulement… contre environ 5 % de différence génétique entre l’homme et la femme . Ainsi, un homme mâle est physiologiquement plus proche d’un singe mâle que d’une femme ! 
 
Nous allons donc évoquer tout d’abord les résultats de nombreuses recherches scientifiques portant sur des échantillons statistiques significatifs, pour souligner les différences sensibles de fonctionnement du « cerveau féminin » et du « cerveau masculin » — sans perdre de vue qu’on estime qu’il y a environ 20 % d’hommes qui disposent d’un cerveau de type « féminin » (ce qui n’est pas négligeable) et 10 % de femmes qui fonctionnent avec un cerveau plutôt « masculin ».
 
Cerveau gauche et cerveau droit
Tous les chercheurs en neurosciences sont d’accord aujourd’hui pour considérer que :
• le cerveau gauche est plus développé chez les femmes
• et le cerveau droit, chez les hommes — contrairement à ce que pense encore le grand public (voire même certains thérapeutes !) et cela sous l’influence directe des hormones sexuelles (testostérone, œstrogènes, etc.). 

Ainsi, la femme est plus portée sur le partage verbal et la communication, tandis que l’homme est centré sur l’action.

Par ex., dès l’école maternelle, sur 50 minutes de classe, les filles parlent 15 min et les garçons, 4 min — soit 4 fois moins. Tandis que les garçons sont turbulents 10 fois plus (5 min au lieu de 30 sec).
À l’âge de 9 ans, les filles présentent, en moyenne, 18 mois d’avance verbale sur les garçons. À l’âge adulte, les femmes téléphonent en moyenne, 20 min par appel… contre 6 min pour les hommes. La femme a besoin de partager ses idées, ses sentiments, ses émotions, tandis que l’homme contrôle et retient les siens : il transmet des informations et cherche des solutions… et la femme ne se sent pas « écoutée » !

En résumé, la femme est moins émotive mais elle s’exprime davantage alors que l’homme est, en réalité plus émotif, mais il n’exprime pas ses émotions.

L’orientation

• La femme est orientée dans le temps (cerveau gauche) ; 
• L’homme est orienté dans l’espace (cerveau droit) : l’avantage des hommes dans les tests de rotation spatiale à trois dimensions est spectaculaire, dès l’enfance .
• La femme « se repère » d’après des objets et des signes concrets : l’avantage des femmes dans les tests de remémoration et dénomination d’objets est très net.
 
Les organes des sens

Globalement, la femme est beaucoup plus sensible :
• Son ouïe est plus développée (d’où l’importance des mots doux, du timbre de la voix, de la musique)
• Son sens du toucher : les femmes possèdent jusqu’à 10 fois plus de récepteurs cutanés pour le contact ; l’ocytocine et la prolactine (hormones de l’attachement et des câlins) multiplient leur besoin de toucher et d’être touchées ;
• Son olfaction est plus fine : jusqu’à 100 fois, à certaines périodes du cycle.
• Son OVN (organe voméro-nasal, véritable sixième sens chimique et relationnel) perçoit les phéromones — qui traduisent plusieurs formes d’émotions : désir sexuel, colère, crainte, tristesse…Il serait aussi plus sensible chez les femmes (serait-ce là ce qu’on appelle « l’intuition »).
• Quant à la vue, elle est davantage développée — et érotisée — chez l’homme (d’où son intérêt et son excitation par les vêtements, le maquillage, les bijoux, l’érotisation du nu, son attirance pour les revues pornos…). Cependant, la femme dispose d’une meilleure mémoire visuelle (reconnaissance des visages et rangement des objets).

 
Pourquoi ces différences ?

Les chercheurs expliquent ces nombreuses différences biologiques fondamentales entre hommes et femmes par la sélection naturelle tout au long de plus d’un million d’années de l’évolution de l’espèce humaine. Cette évolution adaptative aurait modelé nos cerveaux et nos organes des sens, à travers l’action conjuguée des hormones et des neurotransmetteurs :

• L’homme s’est adapté à la chasse sur de grands espaces (ainsi qu’à la guerre entre clans et tribus) impliquant une poursuite muette du gibier pendant plusieurs jours, puis le retour vers la grotte (sens de l’orientation). Peu d’échanges verbaux : on a calculé, qu’au cours de toute sa vie, un homme préhistorique n’avait rencontré que 150 personnes environ.
• Le cerveau de la femme, pendant ce temps, s’est adapté à l’élevage de sa progéniture et au partage verbal, dans le cadre restreint de la grotte ;


Hérédité et acquis

En chiffres arrondis, les chercheurs considèrent aujourd’hui que notre caractère est :

• pour 1/3 héréditaire : chromosomes du noyau de la cellule + hérédité mitochondriale provenant de la mère ;

• pour 1/3 congénital, acquis notamment pendant les toutes premières semaines de la vie intra-utérine ; l’embryon est féminin pendant les premiers jours, et la masculinité est une lente conquête, hormonale et éducative. Ainsi, la fille n’est pas un garçon qui a perdu son pénis (comme le supposait Freud), mais le garçon est une fille qui a gagné un pénis.
Pendant la guerre, il naît deux fois plus d’homosexuels mâles (stress de la mère perturbant son équilibre hormonal intra-utérin). Les parts héréditaire et congénitale semblent importantes : ainsi, chez les vrais jumeaux garçons, si l’un est homosexuel, l’autre l’est aussi dans 50 à 65 % des cas ;chez les faux jumeaux, on ne le constate que dans 25 à 30 % des cas, soit deux fois moins souvent — mais cependant 5 fois plus que dans la population générale.
Ainsi, on pourrait prédire l’homosexualité dès l’âge de 1 à 2 ans dans de nombreux cas (Le Vay, 1993).

• pour 1/3 acquis : bain culturel, éducation, exercice ou entraînement, circonstances fortuites…

D’une manière plus générale, la corrélation globale des traits de caractère serait :
• d’environ : 50 % pour les vrais jumeaux (hérédité);
• 25 % chez les faux jumeaux (bain hormonal in utero) ; 
• 10 % chez des frères et sœurs (éducation) ;
• et proche de 0 % chez des personnes étrangères.
Pour de nombreuses aptitudes ou prédispositions — telles que l’intelligence, le don pour la musique, le sport, et même l’optimisme  — on retrouverait ces trois tiers (héréditaire, acquis in utero, acquis pendant la vie), dans des proportions d’ailleurs légèrement variables. 
Selon que l’on ait hérité de gênes pessimistes ou optimistes, on pourrait formuler les résultats de ces recherches de diverses manières : 
• « notre caractère est prédéterminé dès la naissance aux 2/3 environ » 
• ou bien : « notre caractère se construit aux 2/3 pendant la vie, à partir de la conception »…

Les hormones

Lorsqu’on pose un ballon par terre, les garçons shootent ; les filles le ramassent et le serrent contre leur cœur. Cela semble indépendant de l’éducation et de la culture, et donc directement lié à nos hormones.

La testostérone (hormone du désir, de la sexualité et de l’agressivité, autrement dit hormone de la « conquête » — militaire ou sexuelle) développe:
• La force musculaire (40 % de muscles chez l’homme, contre 23 % chez la femme)
• La vitesse de réaction et même l’impatience (92 % des conducteurs qui klaxonnent à un feu rouge sont des hommes !) ;
• L’agressivité, la compétition, l’instinct de domination (le mâle dominant engendre et maintient la qua-lité de l’espèce)
• L’endurance et la ténacité ; 
• La cicatrisation des blessures ; la barbe et la calvitie ;
• Le côté droit du corps (membres, doigts, stries digitales — au 4e mois du fœtus)
• La vision de loin (« téléobjectif », pour repérer les animaux) ; 
• Le lancer de précision ; 
• L’orientation dans l’espace (pour ramener le produit de la chasse jusqu’à la grotte)
• Le goût pour l’aventure, les expériences nouvelles et le risque (les génies, tout comme les fous, sont le plus souvent des mâles) ;
• L’attrait pour une femelle jeune à protéger (et surtout, susceptible d’engendrer).

Les œstrogènes développent : 
• Les mouvements de précision : la femme peut plier facilement chaque doigt séparément (Kimura, 1999) ; elle est très supérieure à divers tests de dextérité ;
• Le côté gauche du corps… et les stries digitales du pouce gauche (Kimura, 1999) 
• La graisse (protection et réserve pour le bébé) : 25 % de graisse chez la femme, contre 15 % chez l’homme ;
• La mémoire verbale (les noms) et la mémoire de localisation des objets ainsi que la vision de près (« grand angle » pour repérer sa progéniture et toute intrusion étrangère)
• L’ouïe : l’éventail des sons perçus est beaucoup plus large et les femmes chantent juste, six fois plus souvent que les hommes (Durdeen, 1983) ; leur reconnaissance des sons est bien meilleure (entendre et reconnaître son bébé) ;
• Elle reconnaît et nomme les couleurs avec plus de précision (c’est le chromosome X qui est porteur des cônes, nécessaires à la vision des couleurs) ; 
• Son odorat est développé jusqu’à 100 fois plus, à certaines périodes du cycle ;
• L’attrait pour un mâle dominant, fort et expérimenté, socialement reconnu (donc moins jeune, mais susceptible de la protéger).


Pour conclure

Les nombreuses recherchent contemporaines en neurosciences confirment ainsi et précisent certaines données traditionnelles bien connues.
Voici maintenant, pour terminer ce bref exposé, quelques exemples concrets de l’impact des neurosciences.
Elles encouragent ainsi à :
• Écouter patiemment une femme qui se plaint, plutôt que tenter de l’aider à résoudre ses problèmes (attitude du mâle, trop orientée vers l’action : au lieu de la « materner », il devient son « père » !) ;
• Souligner à la femme l’importance érotique du regard chez l’homme ;
• Souligner à l’homme l’importance de l’ambiance sonore et olfactive pour sa compagne, l’effet érotique de la musique et de la voix, la richesse du partage par la parole ; 
• Stimuler les malades : ils guérissent plus vite lorsqu’ils sont près d’une fenêtre, (ouverte sur le monde) et , stimuler les personnes âgées (une retraite passive induit un vieillissement rapide) ;
• Exploiter les liens intimes et réciproques entre les deux pulsions fondamentales : sexualité et agressivité (gérés notamment par l’hypothalamus et par la testostérone) ;
• Traiter avec prudence les souvenirs d’abus sexuels de la première enfance : en effet, le souvenir d’une scène, qu’elle soit réelle ou imaginaire, présente la même localisation cérébrale et génère les mêmes processus mentaux (40 % de faux souvenirs — inconsciemment reconstruits, à partir de craintes ou de désirs).
• Mobiliser les lobes frontaux, siège de la responsabilité et de l’autonomie (dire « non »).

Enfin, quelques remarques et rappels :
• Faire l’amour accélère la cicatrisation des plaies (testostérone) ;
• Une émotion est nécessaire pour mémoriser ;
• La mémorisation à long terme s’effectue, en grande partie, pendant le rêve : d’où, en cas de traumatisme psychique (attentat, viol, catastrophe), l’intérêt d’un debriefing en urgence, avant le premier rêve (« SAMU-Gestalt » : Ginger, 1987) ;
• On déplore 10 fois plus de tentatives de suicide chez les femmes (elles expriment leur émotion) mais un taux élevé de suicides réussis chez les hommes (mise en action) ;
• Les femmes parlent sans réfléchir ! Les hommes agissent sans réfléchir !
• Une femme qui n’est pas heureuse dans ses relations, a du mal à se concentrer sur son travail ; un homme qui n’est pas heureux dans son travail, a du mal à se concentrer sur ses relations.
• La femme a besoin d’intimité pour apprécier la sexualité ; l’homme a besoin de sexualité pour apprécier l’intimité.

Finalement, notre perception du monde est, en effet, fort différente… mais agréablement complémentaire !

 
Serge Ginger , Psychologue clinicien, Psychothérapeute.
  
HOMMES ET FEMMES : DEUX “ ESPÈCES ” DIFFÉRENTES?
FEMMES
HOMMES.
.Orientées dans le temps 
Bon sens et logique verbale, mémoire verbale 
Dès 9 ans : 18 mois d’avance verbale sur les garçons 
Sur 24 000 élèves : surdoués en maths : 0 fille 
Nourrir la progéniture (mère) 
Un ballon au sol : le prend dans les bras 
Oestrogènes, progestérone, ocytocine, prolactine 
Vue large (« grand angle») 
Coopération 
Réserves (graisses) ; muscles : 25 % 
Calme et patience 
Une heure de sommeil en plus 
Émotivité moins forte, mais davantage exprimée 
Extériorisation 
Ouïe développée et érotisée (paroles, musique) 

Perçoit plus de nuances de couleurs (cônes) 
Olfaction (jusqu’à 100 fois plus !
Cherche le contact de près (odeurs) 
La femme se repère (détails de l’itinéraire) 
Besoin d’intimité pour sexualité 
Besoin de parler et d’être entendue 
Besoin de sécurité (“ couvée ”) 
Équilibre et stabilité de la race (conservation) 
Suicide : beaucoup de tentatives ; peu de décès 
Chromosome X = le plus grand de tous 
À la conception : 140 garçons pour 100 filles 
Défenses immunitaires fortes (cerveau gauche) 
Sérotonine : excite la femme 
Orientés dans l’espace
Logique spatiale, orientation, rotation mentale
Don pour les mathématiques
63 garçons surdoués en maths
Chasser le gibier (chasseur et guerrier)
Un ballon au sol : shoote dedans
Testostérone (“ hormone de conquête ”)
Vue de loin (« télé-objectif »)
Compétition
Puissance (muscles : 40 %) ; cicatrisation
Vitesse et impulsivité
Besoin de mouvement
Plus émotifs mais retenus (émotions non exprimées)
Intériorisation (autistes : 4 hommes pour 1 femme)
Vue développée et érotisée (vêtements, maquillage)
Perçoit mieux les formes et le mouvement
Olfaction peu développée (en général)
Contact de loin (vue)
L’homme s’oriente (trouve le Nord sans repères)
Besoin de sexualité pour intimité
Besoin d’agir et de chercher des solutions
Besoin d’aventure et de risque (combat)
Expérience et aventure > génies et fous (création)
Moins de tentatives ; plus de suicides « réussis »
Chromosome Y = le plus petit de tous
À 20 ans : 95 H pr 100 F ; à 80 ans : 58 H pr 100 F
Défenses immunitaires faibles
Sérotonine : calme et inhibe l’homme
 
 
 
March 01

le petit soldat de plomb

Le petit soldat de plomb

lepetitsoldatdeplomb

Il était une fois vingt-cinq soldats de plomb, tous frères car tous nés d'une vieille cuillère de plomb. Ils se tenaient l'arme au bras, la tête droite et leur uniforme était rouge et bleu. La première chose qu'ils entendirent, lorsqu'on ôta le couvercle de leur boîte, fut : “Des sodats de plombs !”, crié par un petit garçon qui les avait reçus pour son anniversaire. Il les alignait maintenant sur
la table. Chaque soldat ressemblait aux autres. Un seul était différent : il n'avait qu'une jambe. Mais il se tenait aussi ferme sur cette jambe que les autres sur deux.

Sur la table où les petits soldats de plomb étaient rangés, il y avait beaucoup d'autres jouets ; mais le plus remarquable était un beau château en papier. Par les fenêtres on pouvait voir jusque dans les salles. Au dehors, des petits arbres entouraient un miroir figurant un lac ; des cygnes en cire s'y reflétaient. Tout cela était ravissant mais ce qu'il y avait de plus charmant encore, c'était une petite demoiselle qui se trouvait devant la porte du château.

Elle aussi était en papier. Elle portait un jupon de tulle et, en guise d'écharpe, un mince ruban bleu au milieu duquel étincelait une paillette aussi grande que son visage. La demoiselle étirait ses bras en l'air, parce qu'elle était danseuse, et elle levait une de ses jambes si haut que le petit soldat de plomb ne put l'apercevoir.

Il crut que la demoiselle n'avait qu'une jambe comme lui.

“Ce serait une femme idéale pour moi, songea-t-il, mais comme elle est distinguée ! Elle habite un château, et moi seulement une boîte dans laquelle nous sommes déjà vingt-cinq…

Malgré tout, il faut que j'essaie de faire sa connaissance.”

Et il se cacha derrrière une tabatière qui était sur la table. Là il pouvait mieux admirer la petite demoiselle qui restait debout sur une jambe sans perdre l'équilibre.

Le soir venu, les soldats de plomb rentrèrent dans leur boîte et les habitants de la maison allèrent se coucher. Notre petit soldat se dissimula derrière la tabatière. Quand minuit sonna, clac ! le couvercle sauta ; un petit diable apparut ; la tabatière était en réalité une boîte à surprise. “Soldat de plomb, dit le diablotin, arrête un peu de regarder la petite demoiselle et met tes yeux dans ta poche !”

Mais le soldat fit semblant de ne pas entendre.

“Attends voir jusqu'à demain !”, reprit le diablotin.

Et le lendemain, lorsque les enfants se levèrent, ils placèrent le soldat de plomb sur le rebord de la fenêtre ; mais tout à coup, la fenêtre s'ouvrit et il tomba du troisième étage, la tête la première sur le pavé. Il atterrit sur son shako, la jambe en l'air et la baïonnette fichée entre les pavés. La servante et le petit garçon descendirent le chercher, mais ils ne le retrouvèrent pas.

La pluie commença à tomber. Ce fut bientôt un vrai déluge.

Après l'orage, deux gamins des rues vinrent à passer : “Dis donc ! fit l'un, voilà un soldat de plomb qui ne demande qu'à naviguer. “

 Ils confectionnèrent un bateau avec un vieux journal, mirent dedans le soldat de plomb et le lâchèrent dans le caniveau rempli d'eau; les deux gamins le suivaient en battant des mains. Le soldat de plomb, ballotté en tous ses sens, restait impassible.

Soudain, le bateau fila sous une planche qui recouvrait le caniveau et s'engouffra dans l'égout. “Il fait aussi noir que dans ma boîte, dit le soldat de plomb. Où vais-je atterrir maintenant ? Si seulement la petite demoiselle était avec moi !”

 Au même moment surgit un gros rat qui lui cria : “Passeport ! Et plus vite que ça !” Mais le soldat de plomb ne répondit pas et serra très fort son fusil. Le courant l'entraînait déjà vers la sortie de l'égout qui se jetait dans la rivière. Le bateau tournoya plusieurs fois sur lui-même, se remplit d'eau et sombra. Heureusement, le papier journal se déchira et le soldat passa au travers. Et au même instant, il fut avalé par un gros poisson. “Il fait encore plus noir que tout à l'heure”, pensa le soldat de plomb. Mais il restait immobile, l'arme au bras.

Le poisson s'agitait de tous côtés. Brusquement, ses soubresauts cessèrent. Le soldat de plomb vit la lumière du jour et entendit une voix qui criait : “Regardez ce que j'ai trouvé dans le ventre du poisson ! Un soldat de plomb !” C'était la cuisinière qui avait acheté le poisson au marché et qui le préparait pour le déjeuner. Elle apporta le petit soldat dans le salon. Oh ! Surprise, il reconnut les enfants, leurs jouets, le château de papier et la charmante petite danseuse.

Elle était restée bravement dans la même position, la jambe tendue en l'air et il en fut tout ému. Il la regarda, elle le regarda aussi, mais ils ne se dirent pas un mot. Soudain, sans la moindre raison, le petit garçon le saisit et le jeta au feu.

Le petit soldat de plomb fut envahi d'une chaleur horrible. Il se sentait fondre peu à peu il perdit sa forme mais il regardait toujours la petite demoiselle, en tenant fermement son fusil. C'est alors qu'un courant d'air fit voler la danseuse dans le feu, près du soldat.

En un instant, elle disparut dans les flammes.

Le lendemain matin, quand la servante balaya les cendres de la cheminée, elle trouva un petit coeur de plomb et une paillette, que le feu avait rendu noirs comme du charbon.

Hans Christian Andersen

February 15

Un conte pour voir au-delà de son regard

Il était une fois, au fin fond de la Sibérie, un village de chasseur, où le chef avait une femme très belle, très jeune, dont il était amoureux fou… La saison de chasse ayant été très fructueuse, il chargea son traîneau de toutes les fourrures pour aller les vendre à la ville voisine. Les peaux étant d'une très belle qualité, il put les échanger à un bon prix, acheter tout ce qu'il fallait pour la survie de son village et le bien-être de chacun, car c'était un homme juste et bon.

Après tous ces achats, il lui resta une peau de renard blanc et il vit, dans un coin du magasin, un miroir en métal poli. Dans son village où l'on vivait depuis des millénaires sous la tente, il n'y avait jamais eu de mémoire de chasseurs, aucun miroir. Aussi pensa-t-il faire plaisir à sa femme, qui était comme vous le savez ” belle comme un rêve “, en échangeant la peau de renard blanc contre le miroir poli.

Il revint au village, distribua les vivres et les objets ramenés de la ville équitablement entre tous les chasseurs, ne gardant pour lui que le miroir enveloppé dans sa chemise, qu'il déposa au pieds de sa femme.

Celle-ci se pencha sur le paquet, ouvrit la chemise, reconnut l'odeur de son mari, s'arrêta stupéfaite, éclata en sanglots, puis prit son manteau, ses raquettes de neige et s'enfuit sans un mot jusqu'au village de sa mère.

Cette dernière s'étonna de la visite de sa fille. Celle-ci entre deux sanglots murmura :
- Mon mari ne m'aime plus. Il est parti à la ville comme chaque année, vendre ses fourrures. Comme chaque année depuis toujours, il a rapporté tout ce qu'il fallait pour le village. Il n'a oublié personne.
Mais dans sa chemise, il a ramené une femme merveilleuse, très jolie, séduisante comme un matin de printemps. Elle avait même son odeur, je l'ai reconnue.